Et si nous parlions d’éthique

Le code d’éthique du designer a vu le jour courant de semaine passée à l’initiative de Mike Monteiro, rapidement suivi par d’autres personnes. Ce code propose maintenant dix traductions et requiert toujours plus de contributeurs afin d’évoluer. Mais pourquoi l’éthique rencontre-t-elle un intérêt aussi important depuis quelques temps ?

Vous devez voir mon article comme une série de questions ouvertes dont je n’ai que des bribes de réponses. J’espère que vous serez nombreux à le critiquer/commenter et merci par avance de votre contribution !

Un buzzword ?

Au départ, on pourrait penser que l’éthique est juste un terme phare pour présenter une nouvelle tendance proposée par d’obscurs utopistes. Il n’en est rien. Le terme s’est fait discret durant une bonne dizaine d’année et revient au devant de la scène à cause d’abus répétés que nous subissons sur les différentes scènes (médiatique, politique, culturelle, …). Il me semble que les réseaux sociaux restent une poudrière parfaite pour les dérives que nous découvrons au quotidien.

L’échec des réseaux sociaux ?

Twitter et Facebook semblent désormais dans la tourmente suite aux abus d’influenceurs sur ces deux réseaux. Leurs créateurs eux-mêmes ne sont plus épargnés et même pointés du doigt pour leur manque d’éthique.

Une première question d’éthique à se poser est le fait d’adhérer à ces réseaux sociaux en tant qu’utilisateur de leurs services. Le bon sens voudrait que l’on se retire de ceux-ci pour marquer notre désaccord. En faisant cela, je m’interdis l’accès à l’information que propose certains de mes mentors, information utile que j’ai peur de ne pas trouver ailleurs.

Cette réaction de ma part (et certainement de la plupart d’entre vous) offre une légitimité à ces poids lourds qu’ils ne méritent pas. Que pouvons-nous mettre en place pour répondre à ce problème ?

Une société sans responsabilités

Une seconde problématique qui m’interpelle depuis quelques années est le manque de considération des responsabilités que nous avons envers notre société.

Vous avez écrasé quelqu’un en conduisant ? Ce n’est pas grave ! Vous êtes assuré pour cela !

Vous avez réalisé un travail parfaitement pourri ? Aucun souci. Vous n’étiez pas en forme et votre collègue rattrapera le coup, de toute façon !

Prendre ses responsabilités, c’est s’encombrer de considérations qui vont vous pourrir la vie au quotidien. Votre vie est trop courte pour cela, pas vrai ? Mais non ! Bon dieu, cent fois non ! Prendre ses responsabilités, c’est prendre soin de son entourage. Ce sont les bases d’une collaboration saine !

Un avenir (sans ?) prise de tête

L’éthique est un concept prise de tête. Penser de manière éthique, c’est renoncer à certains projets, prendre position en société et sur les réseaux sociaux, c’est contribuer à des projets parallèles et peu voire pas lucratifs. Au final, c’est bénéficier d’un impact positif dans votre vie professionnelle et privée. Ce ne sera certainement pas simple et vous n’arriverez pas à convaincre tout le monde mais ce n’est pas non plus l’objectif.

Lors d’une de ses conférences pour la sortie de son livre “La transition fulgurante”, Pierre Giorgini ne parlait pas encore d’éthique mais bien du fait que les porteurs de projets innovants ne se souciaient pas du tout des entraves qu’ils pouvaient croiser sur leur chemin. Ils ne butaient pas devant une contrainte mais la contournaient directement pour ne pas perdre de temps.

En partant de ce principe, on ne se soucie donc pas des freins à un projet. Ils sont purement et simplement ignorés pour se focaliser exclusivement sur ce qui nécessite votre intérêt.

Ce mode de pensée change de manière assez drastique notre sentiment d’appartenance à la société en général. Notre vision d’une communauté peut désormais dépasser les frontières géographiques, pour exemple. À l’inverse, d’autres se focaliseront exclusivement sur leurs voisins très proches.

Conclure (démarrer ?) sur une note positive

Prendre conscience et s’offrir le luxe d’être éthique n’est pas une mince affaire et je ne suis pas un parangon de l’éthique. J’apprends encore et au quotidien de par mes échanges, erreurs et échecs. S’ouvrir et collaborer est une des clés pour prendre conscience de ce qu’est l’éthique.

Pour conclure, je citerai un ami qui m’est cher et qui m’a encouragé un soir où je baissais les bras:

Avoir le courage de faire une chose, aussi infime soit-elle, c’est déjà beaucoup.

Je n’ai jamais dit que mon ami était un grand philosophe, hein… Mais le fait est qu’il faut bien démarrer quelque part et si chacun tentait de faire ne fusse qu’une petite chose, tout irait déjà beaucoup mieux.

Pour aller plus loin

Le code d’éthique du designer initié par Mike Monteiro

How designers destroyed the world par Mike Monteiro

In Praise of the AK-47 par Mike Monteiro

Ethics and paying rent par Mike Monteiro

How to fight facism par … Mike Monteiro

Hypinisme, bullshiterie et éthique par moi-même

Merci d’avance de partager vos ressources afin de faire évoluer cette liste !