La stratégie de contenu rédactionnel

Le titre mérite bien ses trois petits points tellement le sujet est compliqué. Déjà, il reste nébuleux pour le plus grand nombre et côtoie les concepts d’analyse, de design et de stratégie digitale. Les frontières ne sont pas clairement définies. Bref, ça n’aide pas.

Pourtant, ce poste a pour objectif de facilité grandement le travail rédactionnel qui suivra dans l’ensemble de votre communication digitale et papier. Faciliter, c’est un verbe qui flirte souvent avec bénéfices, gains et économies. Cela devrait donc plaire au plus grand nombre, non ?

Non. La stratégie de contenu rédactionnel est un mot savant, pompeux, qui permet juste d’ajouter un chiffre avec trois zéros à un devis ou une facture dont les agences conseil en stratégie digitale usent et abusent. Et on ne peut pas vraiment jeter la pierre aux détracteurs. Comment faire le tri dans l’ensemble des anglicismes, franglais ou autres mots tordus qui composent notre vocabulaire de consultant web… Il faudrait parfois joindre une documentation de 200 pages à nos devis.

Une stratégie biaisée

La plupart des agences web travaillent de la même manière. Elles disposent d’une équipe technique ou travaillent avec des sous-traitants qui sont spécialisés dans une voire deux solutions web. Par solution web, j’entends un outil de gestion de contenu (CMS) comme WordPress, Joomla, Wix, Magento, Prestashop, etc.

Certains n’hésiteront d’ailleurs pas à vous dire que l’outil qu’ils préconisent est LA solution technique qui vous correspond le plus, dès le premier entretien, sans avoir la moindre idée du contenu dont vous disposez ou de vos objectifs à court, moyen et long terme.

Partant de là, on peut parler d’une stratégie biaisée.

Et donc ?

La base d’une bonne stratégie rédactionnelle est de documenter votre contenu actuel et de définir le ou les rédacteurs associés (là, on flirte déjà avec la stratégie digitale). Cette analyse préliminaire effectuée, nous allons nous projeter dans les aspirations à court, moyen et long terme du client afin de définir des paramètres importants : l’évolution du contenu, les intervenants nécessaires et les supports exploités.

Cette analyse réalisée, nous sommes alors en capacité de définir les outils adaptés à nos objectifs.

Quels bénéfices en tirer ?

En premier lieu, un gain de temps par rapport aux choix techniques effectués. On ne doit pas, dans ce cas précis, dompter un CMS pour qu’il présente le contenu tel qu’on l’a envisagé. Un CMS qui ne colle pas vraiment à la structure de votre contenu est une double perte de temps car, de un, vous devrez suivre une formation de plus longue durée au départ et, de deux, vous risquez de vous replonger de manière récurrente dans la documentation en ligne à chaque fois que des mises à jours / nouveautés devront être apportées.

Le travail de chacun est aussi clairement défini. On désigne les profils les plus aptes à traiter tel ou tel type de contenu et chacun sait ce qu’il doit faire. On évite ainsi les interférences inutiles. Ne me dites pas que vous ne connaissez pas, dans votre entourage, des collègues qui ont toujours leur mot à dire sur tout… Vous pensez vraiment qu’ils vous font gagner du temps avec leurs critiques « constructives » ?

Au quotidien, les objectifs changent, les équipes évoluent, les technologies aussi… Un contenu centralisé, distingué de toutes contraintes (mise en forme, formattage spécifique, etc.) peut évoluer rapidement et prendre de nouvelles directions aisément.

Exit donc, les CMS.

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Les outils de gestion de contenu que j’ai cité précédemment ne sont pas mauvais, loin de là.

Le fait est qu’ils ne doivent simplement pas être la base de votre analyse. Le fond prime sur la forme et ce n’est pas l’outil qui doit s’imposer au contenu. Vous avez déjà essayé de creuser un trou dans votre jardin avec un rateau, vous ?

Par où commencer ?

Personnellement, j’ai beaucoup appris en lisant les ouvrages suivants :

Je vous invite aussi à tester l’application Gather content qui offre un espace de travail idéale pour une bonne stratégie de contenu.

Pour conclure

Ne croyez surtout pas que la stratégie de contenu rédactionnel ne répond qu’aux besoins des grandes entreprises. Petits et grands communiquent maintenant sur divers support et aux travers de différents canaux. Quels que soient vos objectifs, une bonne base de travail vous permettra de gagner du temps, de ne pas se disperser et de toujours savoir où vous en êtes. Au final, ce n’est peut-être pas si cher payé.