Le design web, c’est compliqué…

À force de lire des articles de différents horizons sur le sujet, on finit par y perdre son latin. En fait, chacun se fait sa propre opinion de ce qu’est le web design et, au fond, ce n’est peut-être pas plus mal.

La plupart du temps, la définition fournie est en adéquation avec la méthode de travail du narrateur. Il y développe ses techniques et son comportement face à ses clients. On flirte parfois avec le design utilisateur, l’expérience utilisateur, le design émotionnel, (…) ou tout simplement avec l’infographie de manière très générale.

Ces informations sont toutefois très intéressantes, même si on s’égare du sujet initial. Elles nous permettent de découvrir comment les autres fonctionnent et intéragissent.

Un lieu à consulter pour se forger sa propre opinion est medium qui brasse pas mal d’infos. Les rédacteurs sont des entrepreneurs, des indépendants ou des employés à travers le monde. Les coups de gueule côtoient les articles de fond.

C’est mon blog, je fais ce que je veux !

Ouaip ! Grave. Et donc, je vais vous donner ma… enfin, mes définitions du web design.

Il y a quelques années, j’aurai dit que le web design tend à définir la structure d’une page web. On se rapproche plus de la notion d’architecture et de wireframe.

Au fil des ans et des lectures, ma vision a évoluée. Les frontières sont devenues plus floues aussi.

Je pense que le web design est un ensemble de méthodes et de pratiques pour rendre un contenu attractif. J’aime penser que je ne suis pas là pour séduire un client mais bien pour rendre ses produits (ou services) attractifs aux yeux de ses prospects.

Pour autant, cette tâche est bien plus ardue qu’il n’y parait. En premier lieu car un client veut être séduit et c’est non négociable. Il ne se met nullement à la place de ses prospects. Il laisse sa sensibilité prendre le dessus sur ses besoins.

Il s’ensuit donc une longue période de négociations, de frustrations, de compromis, d’ajustements et de résignation. Le client parfait n’existe pas. Je ne l’ai jamais rencontré.

Mais, en même temps, est-ce que le client parfait à mes yeux est réellement un client parfait ?

Un bon web designer est un sadomasochiste.

Si on devait définir le client parfait, ce serait certainement pour le présenter comme une personne avenante, sympathique et toujours en accord avec vos principes. En gros, il boit vos paroles, vous prend pour un dieu vivant et comprend parfaitement que vous ne travaillez que un jour semaine même si vous le facturez de manière totalement indécente.

Hors, la faille de cette relation réside (uniquement) dans le fait que sans conflit, il n’y a pas d’échanges, de remises en question, d’ajustements, d’adaptations, d’analyses complémentaires, etc.

Dès le premier entretien, je me fais ma propre opinion de la personne que j’ai en face de moi, de ses prospects et de ses besoins. C’est humain. Mais pour autant, je n’ai pas la science infuse. Dans 90% des cas, si je ne me remets pas en question, je vais produire un travail dont je serai certainement très fier car il me correspond. Pour autant, ce seront peut-être les seuls objectifs que j’aurai rempli : me plaire et finir sur mon portfolio.

Les divergences d’opinion entre les différentes parties sont l’étincelle qui mène vers un travail de fond. Cela ne nous assure pas encore qu’il sera de qualité. On peut tomber sur une tête de mule ou jouer soi-même les têtes de mule. On peut mener des entretiens stériles et prendre une mauvaise orientation. On peut aussi occulter une mission par manque d’enthousiasme et / ou de motivation.

Prendre du recul.

Ma règle d’or pour un web designer est très simple à expliquer mais sera un défi au quotidien : prendre du recul.

C’est lorsqu’on croit tout savoir que l’on a le plus de chances de se tromper. Il faut pouvoir se remettre en question car on a jamais toutes les cartes en main. Un web designer doit pouvoir se mettre à la place de parfaits inconnus et proposer une expérience qui les séduira, provoquera leur enthousiasme, génèrera des émotions et favorisera leur intérêt à moyen voire long terme.

Prendre du recul, c’est savoir prendre son temps, revenir sur ses acquis et prendre sur soi pour favoriser un dialogue constructif plutôt que des conflits stériles.

Personnellement, je m’octroie de longues pauses quand cela est nécessaire. Je vais sur Dribbble, sur medium ou d’autres sites d’informations. Je lis divers magazines ou bouquins sur le design, la stratégie digitale, etc. J’ai besoin de me déconnecter pour revenir sur un projet avec un angle de vue différent.

Enfin, comme dernier conseil, je vous suggère de discuter avec vos proches. Je ne parle pas de personnes du métier (bien que cela ne soit pas mauvais) mais de personnes qui n’appréhendent pas de la même manière le média Internet. Leur vision des choses m’a souvent offert un angle de vue inédit et fait considérablement avancer les choses.