Quand le graphiste vous met dans le jus

Il n’est pas rare qu’un intégrateur ou un développeur web peste sur le travail réalisé par un graphiste. Et quand je dis « peste », je mesure mes mots… On a tué des gens pour moins que ça.

Dressons le tableau

Le graphiste est souvent la première personne qui va travailler sur un projet web. Il travaille en collaboration avec le chef de projet et fournit les maquettes graphiques de ce que sera la future application ou le futur site web du client.

Dans un monde meilleur, le graphiste suit les consignes fournies par le développeur ( l’analyse préliminaire, wireframes ), l’intégrateur web ( grille, wireframes ) et le responsable de la stratégie rédactionnelle ( structure du contenu, textes, photos ).

Dans un monde parfait, le graphiste suit ces consignes à la lettre.

Le monde parfait n’existe pas

Un problème récurrent dans chaque projet est que l’ensemble des intervenants sont débordés, du chef de projet au client lui-même. Personne ne prend le temps nécessaire pour étudier les informations fournies. Certaines réunions se font à l’arrache sur des coins de table. Des points sont validés sans réelle vérification.

Les maquettes graphiques sont toutefois des éléments dévastateurs dans un projet car elles sont soumises au client qui les valide.

Mal expliquées, elles laissent au client ( ou au chef de projet ) toute latitude pour imaginer tout et n’importe quoi, même si cela parait totalement invraisemblable. La logique et l’informatique font rarement bon ménage…

Il peut aussi arriver que le graphiste se lance lui-même dans une réflexion aux antipodes du brief de base, parce que c’est graphiquement beaucoup plus attractif. Il ne faut pas oublier non plus que, pour la plupart des créatifs, toute structure est une contrainte et une entrave à leur travail.

Le design est validé !

Voilà, la conception des maquettes est arrivée à son terme. Le client est ravi !

C’est là que votre enfer commence. Réception des PSDs. Ouverture des fichiers. Non respect de la grille. Incohérence dans la navigation. Design non adapté au mobile. Aucune annotation quant aux animations à prévoir.

S’enchainent alors de laborieux échanges avec le chef de projet pour comprendre ce qui a été vendu au client, définir ce qui est réellement envisageable et soumettre ces adaptations en croisant les doigts pour que ça passe. Il ne faut pas se leurrer. C’est vous, le râleur, le défaitiste, l’incompétent.

Comment réagir ?

Dans ce genre de situation, il faut rester professionnel et proposer des alternatives viables pour mener à bien le projet. Conserver une attitude négative ne fera pas avancer les choses, que du contraire. Il ne faut donc pas se focaliser sur le problème mais trouver des réponses à celui-ci.

Il m’est déjà arrivé de collaborer avec des chefs de projet conscients des erreurs commises et des clients assez conciliants pour accepter l’adaptation d’un devis émis.

Ce qui est certain, c’est que votre attitude face aux difficultés aura un impact sur vos relations professionnelles actuelles et à venir.

Comment éviter cette situation à l’avenir?

Le paramètre le plus important est le temps. Estimez toujours au mieux votre temps de travail. Le sentiment d’avoir sous-estimé une mission et donc, de perdre de l’argent, provoque énormément de frustration et des tensions dans l’équipe. Rien de très constructif, pour résumer.

Vous devez prévoir de travailler en amont du projet et de prendre part à l’analyse afin de soumettre vos contraintes techniques au projet.

Proposez aussi que l’ensemble des maquettes soient soumises via un outil de prototypage comme InVision ( http://www.invisionapp.com ) ou UXPin (http://www.uxpin.com ). L’avantage de cette méthode de travail est de permettre au graphiste de proposer les visuels de chaque page ainsi que les diverses animations associées aux interactions des utilisateurs.

Tout ce travail pourra être partagé avec l’ensemble de l’équipe, client y compris.

D’expérience, les intervenants appréhendent mieux un design fourni sur ce type de support du fait qu’il fonctionne déjà comme le futur site ou la future application. Il laisse moins de place aux spéculations et à l’imagination de l’utilisateur. Le résultat est plus concret.

En résumé

Les projets web se complexifient d’année en année et les contraintes techniques sont légion. Un design validé par un client qui ne respecte pas ces contraintes peut mettre les intégrateurs et développeurs dans une situation très délicate.

Il convient de prévoir un budget sensiblement supérieur pour

N’oubliez jamais que le design a pour objectif de solutionner des problèmes, pas d’en engendrer de nouveaux.